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J’ai toujours beaucoup travaillé, même avant d’avoir mon enfant

Je me suis donc mise à la recherche d’un fabricant de collants, en France, en lui faisant part de mon projet. Il a fallu des mois de travail pour trouver avec mon fabricant le produit

Je m’appelle Dieynaba N’Diaye, j’ai 36 ans et je suis une maman célibataire. D’origine sénégalaise, je suis née et j’ai grandi dans les Vosges, dans l’Est de la France. J’ai quitté la région Lorraine après l’université pour vivre et travailler en région parisienne pendant plus de 10 ans. J’ai également vécu 5 ans à Londres avec mon enfant. Je suis revenue en France il y a maintenant 4 ans et me suis réinstallée à Nancy en 2015. J’ai un petit garçon de 7 ans dont je m’occupe seule.

Je travaille dans le prêt à porter depuis une dizainne d’années. J’ai exercé plusieurs postes notamment ceux de responsable de magasin ou de visuel merchandiser. Je travaille depuis la création de mon entreprise car mon activité ne me permet pas encore d’en vivre. Je m’auto-finance aussi pour avancer dans mon projet.   

Comment gérez-vous votre vie professionnelle et votre vie de mère ?

Le plus difficile est de trouver un bon équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie de maman. J’ai recours à une assistante maternelle et je suis dans la même région que mes parents, ce qui m’aide énormément. 

Comment et pourquoi s’est passée la transition ? 

Étant donné que je suis salariée et que je travaille aussi à mon compte en même temps, je n’ai pas encore passe la transition. Celle-ci se fera en Septembre et j’ai hâte. Cela signifie que je n’aurai que ma propre activité à gérer en plus de celle d’être maman.  

La charge de travail sera la même pour moi mais j’aurai plus de « contrôle » sur mes horaires et je ferai en sorte d’être plus présente aux sorties d’école, quitte à travailler plus le soir par exemple.

Aujourd’hui, pleinement dans votre activité, aviez-vous anticipé la charge de travail que serait la gestion de votre activité et celle de vos enfants ?

J’ai toujours beaucoup travaillé, même avant d’avoir mon enfant. Je me dis toujours que le travail paie. Plus on travaille, plus on a de résultats. J’ai, comme beaucoup de maman entrepreneure, une énorme charge de travail mais c’est plus facile à gérer lorsque l’on sait pourquoi on l’a supporté. 

Regrettez-vous vos choix entrepreneuriaux ?

Je ne regrette pas du tout mes choix même si certaines journées semblent interminables. La détermination est même renforcée pour que les résultats justifient ces choix. 

Parlez-nous de votre entreprise 

Mon expérience personnelle, partagée par beaucoup de mes amies, m’a fortement inspiré pour créer les Collants NANDI. Teinte trop éloignée de ma couleur de peau, qualité discutable, offre quasiment inexistante dans certaines régions, commande internet qui n’arrive jamais etc… 

Il est, en effet, très difficile de trouver des couleurs adaptées aux peaux noires et métissées surtout lorsque que l’on sort de Paris et sa région. Soit le choix est très limité dans certaines enseignes ou alors la qualité n’est pas au rendez-vous. Le collant noir, un basique indispensable, est parfois porté par dépit, suite à la recherche infructueuse d’une teinte couleur « chair ».  

Je me suis donc mise à la recherche d’un fabricant de collants, en France, en lui faisant part de mon projet. Il a fallu des mois de travail pour trouver avec mon fabricant le produit que je voulais. Les teintes qui conviendraient à mes clientes mais aussi un produit de qualité.  

J’ai également travaillé sur le packaging, la communication, le site web est tout ce qui concerne la création d’une entreprise. Travailler seule a bien-sûr des inconvénients car il nous faut gérer des facettes de l’entreprise dans lequel nous manquons d’expérience.

Le nom Nandi que j’ai choisi pour mes collants, a une double signification. 

Tout d’abord, parce-que nous sommes toutes des reines, j’ai choisi de faire référence à la Reine NANDI.  

Mère du grand Chef Shaka zulu, la reine Nandi est le symbole même de la patience et de la détermination face au travail.
Elle s’est battue contre les commerçants esclavagistes et a éduqué son fils pour être un guerrier. Quand il est devenu Roi il a établi un régiment composé strictement de femmes qui souvent se battaient dans les premiers rangs de son armée. 

Ensuite, dans ma langue d’origine, le peul, « NANDI » signifie « ressemble à ».  Un nom donc qui fait écho au collant NANDI qui est idéal pour masquer les petites imperfections, sans dénaturer sa couleur de peau. 

Aujourd’hui, la production vient tout juste d’être lancée et mes collants seront disponibles en Septembre.

Racontez-nous votre quotidien

Hors vacances scolaires, mes journées commencent par l’école de mon enfant. Après l’y avoir déposé, je file au travail ou je pars courir, avant d’aller au travail. En général, je le récupère chez mon assistante maternelle en fin de journée. Il ne reste pas souvent plus d’une heure à passer avec mon enfant avant l’heure du coucher. Je passe la plupart de mes soirées à travailler sur mon activité.  

Durant la journée, je profite de mes pauses déjeuners pour répondre à des emails ou à passer des appels en rapport avec mon projet. Le plus difficile est de ne pas avoir les mêmes horaires tous les jours mais mon jour de « repos » reste inchangé sauf cas exceptionnel.  

J’essaie d’intégrer des séances de sport durant mes journées car, cela m’aide beaucoup à me détendre.

Quelles solutions avez-vous trouver pour la garde de vos enfants ? 

J’ai eu recours aux assistantes maternelles ou garderies en France ou à l’étranger depuis la naissance de mon enfant. Il connait ces différents modes de gardes depuis l’âge 3 mois… 

Il y a des changements à apporter dans ce domaine pour faciliter la vie des mamans qui élèvent seules leurs enfants mais qui désirent ou qui doivent travailler.  

Les frais de garde déterminent trop souvent les choix de l’activité professionnelle d’une maman.

Quel(s) type(s) de problèmes rencontrez-vous au quotidien ? 

Le plus difficile serait de gérer des imprévus qu’ils soient lies à mon enfant, mon travail ou mon activité professionnelle. J’ai appris à gérer mon stress et d’accepter qu’il y ait toujours quelque chose de prévu que je n’ai pas eu le temps de faire.  

Comment votre entourage réagit face à votre vie d’entrepreneur ? 

Mon entourage a toujours été d’un grand soutien. Que ce soit pour un conseil ou de m’aider pour faire le graphisme du packaging, je peux compter sur un membre de ma famille ou d’un ami.  

Je leur serai toujours reconnaissante.

Quelle place occupe votre mari dans votre organisation ?

Aucune car il n’y en a pas…Je ne pense pas qu’il aurait une place dans mon organisation s’il existait car cela compromettrait la possibilité de se « déconnecter » du travail quand c’est possible. 

Avez-vous déjà vécu des périodes de découragement ? Comment y avez-vous fait face ?

J’ai plutôt eu des périodes de remises en question sur la façon d’arriver à mes fins. Je n’ai jamais voulu abandonner même si certains événements rendent le chemin plus difficile. Je pratique aussi beaucoup de sport, à la maison ou la course, car cela me permet de décompresser. 

Quel est pour vous le plus dur dans votre vie de maman entrepreneur ? 

Le plus dur est de faire en sorte d’être le plus présente possible pour mon enfant malgré les impératifs professionnels. Je tiens à être présente à chaque réunion mais je ne peux participer à toutes les manifestations ou sorties organisées par l’école. Je m’arrange pour ne pas travailler les mercredis et à passer mes dimanches avec mon enfant. Cela implique donc des soirées à travailler au lieu de me reposer. 

Si vous deviez faire marche arrière, que referiez-vous différemment ?

Je n’aime pas avoir des regrets…Je ne pense pas que j’aurai fait les choses différemment. J’aurai aimé que les embûches soient moins nombreuses mais je m’y étais préparée. Je sais que le chemin n’est jamais une ligne droite, ce serait trop facile…

Parlez-nous des bons moments de votre aventure entrepreneuriale ?

Mes bons moments restent l’accueil qui est fait à mon produit ainsi que l’enthousiasme et la satisfaction de mes clientes. C’est tout cela qui fait que nous avons plus de courage et de détermination pour poursuivre nos activités.  

La reconnaissance du travail fourni par la remise d’un prix il y a quelques mois fait également partie des bons moments.  

Enfin, la fierté dans les yeux de mon enfant lors de la publication d’un portrait avec une photo de nous, me donnent la force de continuer.

Parlez-nous de vos enfants ? et de vos relations avec eux ?

Malgré son jeune âge (7 ans), mon fils s’intéresse à mon activité car il voit mes documents ou autres éléments qui montrent que je travaille aussi à la maison. Il comprend ainsi pourquoi je ne peux l’accompagner à toutes les sorties scolaires…Il accepte le fait que je ne puisse pas le récupérer après l’école mais je tiens absolument à l’emmener à ses entraînements de foot ou à pratiquer du sport avec lui le dimanche. Cette activité me permet de partager un moment avec lui (en vélo) tout en pratiquant mon sport qui m’est indispensable (la course). 

Nous sommes très proches et il sait aussi que si je travaille dur, c’est également pour lui.  

Je suis très exigeante sur le fait de bien travailler à l’école et, même si je suis débordée, je trouve le temps de faire les devoirs et de lui donner la meilleure éducation possible.  

Mon enfant est ce qui me donne la force de travailler pendant des heures. Pouvoir subvenir à ses besoins est essentiel pour moi, il reste ma priorité même si j’ai un impératif professionnel.

Un dernier mot ?

Merci pour cette opportunité de témoigner sur mon statut de « mère entrepreneure » et de faire découvrir les Collants NANDI, un produit de plus pour les peaux noires et métissées !

La Rédaction

redaction@afrocadre.com

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