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« Noir n’est pas notre métier »: 16 actrices noires dénoncent le racisme dans le cinéma Français

La sortie du manifeste " Noir n'est pas un métier" , le Jeudi 3 Mai , est la sonnette d'alarme envoyée par 16 actrices noires sur les actes racistes et sexistes que subissent les actrices

Les origines du livre  :  sortir du silence, changer les mentalités

 

Aissa Maiga est née le 25 Mai 1975 à Dakar au Sénégal , d’un père Malien et d’une mère Sénégalaise. Elle trouve sa vocation d’actrice au lycée à 17 ans et c’est en 1997, qu’elle obtient son premier rôle sur grand écran sous la direction de Denis Amar dans Saraka Bo. Elle sera ensuite vu dans plusieurs films comme « le rêve français » (en 2018),  « Bienvenu à Marly- Gomont » (en 2016).

 

Ce livre est né du constat fait des traitements et humiliations qu’elle et d’autres actrices noires subissent dans l’exercice de leur métier de comédiennes. Ce sentiment d’injustice , ce profond désir de voir les mentalités évoluées et le soucis d’un avenir meilleur pour ces enfants la pousse Aissa Maiga à contacter des actrices noires/métisses pour un appel  à témoins.

 

15 actrices acceptent de témoigner

Elles ont entre 21 et 70 ans et ont accepté de raconter leur parcours , ce qu’elles vivent « en silence » . Aujourd’hui elles décident de briser le silence.Parmi les actrices : Sonia Rolland , ex-miss France et comédienne , Firmine Richard, actrice ( vu dans « Ma première étoile ») , Nadège Beausson Diagne ( vu dans « Podium », »Maman Irma ») , Karidja Touré (Héroïne du film « Bandes de filles ») pour ce citer celles-ci.

 

Elles monteront toutes les marches du Festival de Canne ce 16 Mai 2018 et ce livre sonne comme un message d’alarme à l’industrie du cinéma Français.

 

Les objectifs  ? Dénoncer, interpeller sur des dérives permanentes , ouvrir une brèche au dialogue pour un changement des mentalités , une juste valorisation des compétences des actrices noires , une meilleure représentation des noires à l’écran et une rémunération équitable pour toutes les actrices quelque soit leur couleur de peau.

 

 » Parmi les 300 films français qui sortent chaque année , les comédiennes noires y sont quasi-absente », rappelle Aissa Maiga.

 

« On a écrit ce livre avec beaucoup d’humour parce qu’on essaie de décomplexer les gens sur la question : le mot « noir » n’est pas un problème pour nous! » explique Sonia Rolland.

 

Des propositions de rôles stéréotypés

Toutes s’accordent pour dénoncer les propositions répétées de rôles stéréotypés , comme mère célibataire à problème, « Mamas en boubous » , prostituées, etc..Pour certains réalisateurs , certains rôles (comme « avocate ») ne conviennent pas à des femmes ayant des « fesses rebondies ». Certains vont  jusqu’à reprocher un accent « trop ou pas assez prononcé. »

 

« L’imaginaire des productions françaises est encore empreint de clichés hérités d’un autre temps »,souligne l’actrice Aïssa Maïga.

 

« Notre présence dans les films Français est encore trop souvent due à la nécessité incontournable ou anecdotique d’avoir un personnage noir » explique Sonia Rolland.

 

Un récit d’anecdotes choquantes et d’humiliations

 

Sonia Rolland raconte qu’il pouvait arriver qu’on la trouve  » trop claire » ou parfois « pas assez africaine ».

 

« On nous dit que lorsqu’il y a trop de protagonistes noires , ça ne marche pas en terme de recettes.. » dit-elle.

 

Lors de l’obtention d’un premier rôle , Aïssa Maïga se voit écartée de la promo du film et effacée de l’affiche. Seul le rôle principal masculin, acteur blanc fera la promotion.

 

Nadège Beausson Diagne , relaie des phrases racistes dont elle a été la victime :

 

« Pour une noire , vous êtes vraiment intelligente , vous auriez mérité d’être blanche »

« Il n’y a pas de noire au conservatoire , laisse tomber »

« Vous allez bien ensemble avec la bamboula »

 

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« Noir n’est pas mon métier » , Edition Le Seuil, 128 pages,17euros.

 

La Rédaction

redaction@afrocadre.com

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