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Une autobiographie d’Assata Shakur

Initialement parue en 1988 à Cuba où Assata bénéficie encore aujourd’hui de l’asile politique, Assata une autobiographie enfin traduit en français parait aux éditions premiers matins de Novembre durant l’automne 2018 raconte l’histoire d’Assata Olugbala Shakur née Joanne Deborah

Initialement parue en 1988 à Cuba où Assata bénéficie encore aujourd’hui de l’asile politique, Assata une autobiographie enfin traduit en français parait aux éditions premiers matins de Novembre durant l’automne 2018 raconte l’histoire d’Assata Olugbala Shakur née Joanne Deborah Byron en Juillet 1947 à New York. C’est l’histoire d’une femme noire activiste membre du black panther party exilée à la suite de son arrestation orchestré  par le  programme Cointelpro mis en place par le FBI en vue de mettre un terme au mouvement de libération noir aux Etats unis contre la ségrégation raciale systémique. Evadée et exfiltrée à Cuba par la Black  Libération Army. Le livre est préfacé par  Ramata Dieng et Patrice Khan-Cullors.

Cette histoire que nous sommes, cette histoire qui vit en nous et en nos héro.i.nes. Assata c’est une femme. Une souffrance, des sacrifices, une voix,  un combat. Derrière l’exil, la torture. Derrière les tentatives d’effacer cette histoire, la révolution. Les noir.e.s ont des combats. Une histoire de résistance, peu importe le lieu, le temps nos aîné.e.s se sont battus, ont combattus et aujourd’hui il est de notre devoir de savoir. Assata, c’est cela, le devoir de mémoire de tout un peuple. Un devoir qui est dû aux aîné.e.s qui ont pris des coups et nous ont montrés la voie pour que jamais plus, nous ne soyons rien. Assata, plus que l’autobiographie d’une femme au vécu extraordinaire  encore là aujourd’hui pour nous raconter sa vérité, un parcours puissant, une femme puissante.  Notre Histoire.


Assata, c’est cela, le devoir de mémoire de tout un peuple.

Le livre se lit le stylo à la main et le cœur en bouche.  Un livre qui prend aux tripes dès le départ avec son ouverture sur la fusillade qui eu lieu en mai 1973 sur l’autoroute New Jersey Turnpike au cours de laquelle un membre de la black liberation Army et compagnon d’Assata ainsi  qu’un policier furent tués, Assata et un autre policier blessés.  A la suite de cette fusillade, Assata est incarcérée et selon elle torturée, condamnée et emprisonnée dans plusieurs prison d’états en isolation carcérale. Le rythme du livre est effréné.  Les émotions sont denses. On vit Assata, sa souffrance, sa détermination mais aussi sa désespérance. Son activisme est bien  plus qu’un choix de vie; elle nous le conte comme  une reprise de possession sur elle-même. Bien pus qu’une opposition à l’altérité. Elle défend plus que les autres, celleux qui lui ressemble qu’elle-même. Elle se bat contre un pouvoir qui dit à ce qu’elle est qu’elle n’est rien, ne doit être rien et accepter cet état de fait.


Les émotions sont denses. On vit Assata, sa souffrance, sa détermination mais aussi sa désespérance.

Assata nous raconte les déboires d’une femme noire dans un monde qui longtemps lui a refusé tout droit d’être. L’histoire d’un combat que nombre ont menés. Le livre lève le voile sur la lutte qu’est l’activisme noir et sur la réalité des combats et des pertes subies par ceux et celles qui ont choisis de se battre face à un système.  Les luttes militantes noires portent très souvent un une aura d’inexistence, une invisibilité souvent  imposée par un système qui aujourd’hui encore tente de cacher les mécanismes oppressifs dont il est le moteur. L’histoire d’Assata Shakur rare dans les livres d’histoires a pourtant su trouver le canal de la liberté pour nous être dite.

Lire Assata Shakur une autobiographie, c’est apprendre un peu de l’histoire du peuple noir

Le style est poignant et engagé mais pas seulement. Il s’agit d’une histoire de vie édifiante et empreinte de résilience. Ce livre se lit à la manière d’un classique d’histoire.  Il nous apprend les rouages qui ont tus pendant longtemps l’activisme noir. Que les luttes « mainstream » acceptées et mises en avant en cachaient d’autres. Les combattants les plus médiatisés en cachaient d’autres. L’activisme noir aux USA et ses courants, ses travers parfois, la souffrance qu’il cachait et dont on ne nous a pendant longtemps rien dit.  Lire Assata Shakur une autobiographie, c’est apprendre un peu de l’histoire du peuple noir, comprendre un peu de l’importance qu’avait et qu’ont encore  les femmes  dans ces luttes et en voir les dessous.

La minute Bibliothérapie :

« une nation de peuple noir dans le ventre de la bête » Assata une autobiographie a été l’occasion pour moi d’assoir la nécessité de raconter nos luttes. De prendre conscience que les luttes des peuples noirs ce sont menés sur plusieurs plans, plusieurs lieux. Mais aussi de prendre conscience du coût de nos luttes. Comment se construire en tant que personne noire si notre histoire ne nous est pas racontée. Dans la véracité des concernées direct.e.s .

Ce coût lorsque l’on est militante (afroféministe) comme moi est souvent minimisé voir passé sous silence et pourtant aujourd’hui encore faire le choix de porter un combat quel qu’il soit coûte aux personnes qui le mènent . Raconter ce coût est quelque part un pas vers la résilience.  L’importance de dire son histoire avec sa propre voix.  

Daniel Michelle
Bibliothérapeute I Storytelling l Agent littéraire

Blog littéraire : www.lademoisellechocolat.com

lademoisellechocolat@gmail.com

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