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Comment prévenir le burnout et ses conséquences ?

Selon Maslach & Leiter (2011), illustres chercheurs sur le sujet , le burnout est : «l’écartèlement entre ce que les gens sont et ce qu’ils doivent faire. Il représente une érosion des valeurs, de la

Selon Maslach & Leiter (2011), illustres chercheurs sur le sujet , le burnout est : «l’écartèlement entre ce que les gens sont et ce qu’ils doivent faire. Il représente une érosion des valeurs, de la dignité, de l’esprit et de la volonté – une érosion de l’âme humaine. C’est une souffrance qui se renforce progressivement et continûment, aspirant le sujet dans une spirale descendante dont il est difficile de s’extraire. »

Cette définition met en évidence un point crucial et important dans la compréhension de ce qu’est le burnout. Le burnout n’est PAS une maladie ou un trouble quelconque ! Le burnout est un état de souffrance émotionnelle, comme pourrait l’être une séparation ou un échec. Cependant avec une particularité :  il ne se manifeste pas en quelques jours. C’est la résultante d’une situation chronique et qui a perduré. Le burnout c’est l’usure de l’âme.

Le burnout , un allié pour notre santé  ? 

Maslach & Leiter (2011)* continuent : « Qu’arrive-t-il lorsque le burnout vous gagne ? En fait, trois événements surviennent: vous vous sentez chroniquement épuisé; vous devenez cynique et vous détachez de votre travail; et vous vous sentez de plus en plus inefficace dans votre job ».

Ces trois états qui définissent le « syndrome d’épuisement professionnel » (Burnout) sont la réponse à une situation de stress (professionnel) chronique et souvent le dernier rempart avant le déséquilibre psychologique.

Pour mieux comprendre le rôle bénéfique du burnout on peut s’inspirer de notre compteur électrique. Il est doté d’un disjoncteur dont le rôle est de couper toute alimentation si le système électrique venait à être en danger, à cause d’un court-circuit ou d’une surtension par exemple.

Il en est de même du burnout. Il coupe le « courant » qui nous lie à la source de stress qui met notre équilibre psychologique en danger : l’épuisement chronique a pour but l’éloignement physique et le cynisme a pour but l’éloignement émotionnel de la source de stress. Le sentiment d’inefficacité quant à lui devrait réduire la mauvaise conscience dûe à ces éloignements (présente ou pas, je ne fais pas grand chose de toutes façons).  

De par sa nature le burnout est censé nous être bénéfique. Comme un vêtement trop serré qui fait mal et nous pousse au régime, il est ce point de mal-être qui devrait nous pousser á repenser notre environnement de travail.

Malheureusement il n’en est pas toujours ainsi. Très souvent les situations de burnout font écho à des blessures d’antan, précipitant le déséquilibre psychologique. Il peut s’agir de peur de l’échec, de peur de l’abandon,  de blessures narcissiques, de sentiment de dépendance et bien d’autres.

Les facteurs de résilience ayant généralement été usés (ce sentiment d’être vidé de l’intérieur) depuis longtemps, il devient aisé de développer des troubles tels que la dépression, des troubles anxieux, des troubles du comportement alimentaire voire des addictions. Les troubles psychologiques souffrant toujours quoi qu’on dise d’une certaine stigmatisation, il est plus aisé d’assimiler ces troubles divers au burnout, faisant de lui à tort la « nouvelle maladie à la mode ».

Hommes et femmes : qui sont les plus touchés ?

Bien que les déséquilibres dans nos sociétés patriarcales réservent la majorité des postes à responsabilité (et donc plus stressants) aux hommes, les experts s’accordent aujourd’hui à dire que les femmes sont 1,5 à 3 fois plus souvent victimes que les hommes de burnout, selon l’étude.  D’où vient donc le stress chronique des femmes, source de leur burnout ?

Le coupable c’est la charge mentale  qui renvoie « au poids mental » des tâches que nous planifions d’accomplir. Autant une grande partie de la littérature fait du burnout un phénomène uniquement professionnel, autant elle fait de la charge mentale un phénomène uniquement ménager. A tort !  Aujourd’hui nous savons que les mères au foyer sont très souvent sujettes au burnout, et que la « charge mentale professionnelle » est la raison d’être de la gestion des projets en entreprise.

A côté du burnout professionnel, on peut citer  : le burnout maternel (causé par un stress chronique induit par la prise en charge d’un enfant) et le burnout relationnel (causé par stress chronique induit par des relations dysfonctionnelles).

Gérer un foyer est un métier à part entière (même s’il peine à être reconnu comme tel) avec des exigences sociales (et donc un stress) de plus en plus élevées. Il y a des standards (imposés par soi-même ou les autres) en matière d’éducation, de vie de couple, de santé financière, de tenue de la maison etc.

La gestion du foyer restant une tâche essentiellement féminine dans nos sociétés africaines, les moins chanceuses qui en plus ont une activité professionnelle à fort potentiel stressant, ont malheureusement une plus grande probabilité de faire au moins 1 burnout. Il n’est donc pas rare de voir des femmes actives comme Elena, faire un burnout professionnel et « personnel » (relationnel, maternel etc.) en même temps.

Savoir se protéger , détecter les signes…

Le burnout est toujours la résultante d’une interaction entre « Moi » (Mon système de valeurs, mes attentes, mon degré de résilience, mes blessures antérieures etc.) et les « Autres » (leurs attentes, les standards, les délais etc.). Il n’existe de ce fait aucune solution universelle applicable à tous. Toutefois voici quelques pistes permettant d’utiliser le burnout à son avantage :

Connais-toi , toi même

Il est important de connaître ses forces et faiblesses, de se comprendre soi-même, de savoir pourquoi on réagit comment dans telle situation. Mais plus important encore il est important de comprendre son plan de vie, pour une meilleure interaction entre ses aspirations et celle des « autres ».

Développez votre résilience

Si on extrapole un peu, on pourrait dire que la résilience est à notre âme ce que le système immunitaire est à notre corps. Sachant que la vie est par essence stressante (viser toujours plus haut), une bonne résilience est gage d’une santé mentale plus solide. Les travaux de Reivich & Schatté (2003)** ont permis d’isoler les facteurs de résilience et de développer des ateliers de formation efficaces pour booster sa résilience au quotidien.

Faites le ménage dans votre vie

Même si vous vous connaissez et que vous êtes la plus résiliente du monde, si vous dépensez votre énergie sans compter, le syndrome d’épuisement ne sera qu’une question de temps. Faire le ménage, c’est redistribuer de façon consciente et à son avantage son énergie. Cela implique de revoir ses priorités, renoncer à certains combats , et déléguer certaines charges mentales.

Il existe à ce sujet une panoplie de programmes sur le thème de la gestion du stress. Mon coup de cœur est pour les travaux de Kaluza (2009) ***, un chercheur allemand. Son approche nous permet de comprendre la raison et les implications des choix faits, avant de nous montrer comment les prioriser, voire les abandonner.

En cas de détresse psychologique, consultez

Dans les sociétés qui créent les conditions favorables pour parler de détresse psychologique, les études montrent qu’une femme sur quatre connaît au moins un épisode dépressif au cours de sa vie, une femme sur six un trouble anxieux.

Ces troubles quand ils ne sont pas soignés, sont comme un virus qui ronge notre résilience, nous fragilise et fait chuter notre seuil de résistance au stress. Ainsi il suffit souvent d’une petite goutte d’eau (un mot de trop) pour faire déborder tout le vase.

Le burnout n’est ni un effet de mode, ni une maladie mentale, ni une fatalité. Bien au contraire, il est une réaction normale à une situation de stress chronique et un allié pour notre développement personnel.  Et si plutôt que de subir (le stress) et se laisser consumer de l’intérieur on reprenait le contrôle de notre vie  et rechargeait nos batteries ?

Sources

* Maslach Ch. et Leiter M. P., Burn-out. Le syndrome d’épuisement professionnel, Les Arènes, 2011, 270 p

** Reivich, K., & Shatté, A. (2002). The resilience factor: 7 essential skills for overcoming life’s inevitable obstacles. New York, NY: Broadway Books.

*** Kaluza, G. & Renneberg, B. (2009). Stressbewältigung. In: J. Bengel & M. Jerusalem (Hrsg.), Handbuch der Medizinischen Psychologie und Gesundheitspsy- chologie, 265 – 272 Göttingen: Hogrefe.

Crédit photo :Zinkevych

Nathalie Tchouandong
Psychologue Clinicienne et du Travail
Consultante Santé et Qualité de Vie au Travail
Psychopraticienne (Psychothérapie)
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Psychologue Clinicienne et du Travail Consultante Santé et Qualité de Vie au Travail Psychopraticienne (Psychothérapie) www.nkt-psy.online

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