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« Le monde de la cuisine est extrêmement machiste. » Chef Prisca Gilbert

Passionnée de cuisine , Prisca Gilbert débute son activité par la réalisation de groupes de cuisine. Découvrez son parcours et entrez dans l'univers d'une chef de cuisine multifonctions et tenace.

Parlez nous de vous  ?

 

Prisca Gilbert, 36 ans. Ingénieur Marketing et communication de formation. Je suis arrivée à la cuisine par passion. Cette passion a été nourrie par ma grand-mère qui m’a offert mes premières marmites en fonte pour mes 7 ans. La cuisine fait partie de moi et je n’ai eu cesse d’expérimenter, d’explorer, de travailler et enfin de me former à l’Institut Paul Bocuse à Lyon.

J’ai commencé cette aventure culinaire par la création d’un groupe de cuisine en 2012 sur les réseaux sociaux. Avec ces personnes formidables j’ai partagé, échangé et suite à des rencontres, des ateliers culinaires et d’autres sollicitations dans ce même cadre. J’ai eu l’opportunité d’ouvrir un restaurant , cela a été une fabuleuse aventure entrepreneuriale qui a duré 3 ans. Ce restaurant a été la matérialisation professionnelle de ma passion et m’a motivé à la formation.

Parlez nous de votre métier, pourquoi l’avez vous choisi ?

 

Comme j’aime à le dire je n’ai pas choisi ce métier, c’est lui qui m’a choisi. Cuisiner pour moi à toujours été une évidence. Conficius a dit  » choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ». Je prends plaisir à travailler chaque jour avec son lot de joies et de difficultés. Depuis bientôt un an, je suis Chef à domicile, formatrice de brigades de cuisine, co-productrice et animatrice d’une émission de cuisine « Miam ». Je n’ai pas de journée type de travail, en fonction de la « toque » que je porte mes responsabilités varient. Une journée de tournage de « Miam » est complètement différente d’une journée type de Chef à domicile. C’est cela tout le plaisir de mon métier, les journées se succèdent mais ne se ressemblent pas.

Je n’ai pas de journée type de travail, en fonction de la « toque » que je porte mes responsabilités varient. Une journée de tournage de « Miam » est complètement différente d’une journée type de Chef à domicile. C’est cela tout le plaisir de mon métier, les journées se succèdent mais ne se ressemblent pa

Qu’est ce qui vous motive dans cette activité ?

 

L’apprentissage et le renouvellement perpétuels , parce que le cuisinier nous fait nous remettre en question tout le temps. J’apprends tous les jours et je m’inspire de tout. Je trouve mon inspiration en Dieu,  dans mes enfants, dans  l’art, dans  la nature, mais aussi dans la vendeuse ambulante de beignets et dans le chef étoilé.

 

Pour occuper le poste de Chef de cuisine , il faut de la passion c’est impératif, de la rigueur, de l’endurance, du leadership, de la créativité, de la flexibilité, beaucoup d’organisation, être polyvalent, avoir le sens des affaires, rechercher la qualité, accepter la critique, la formation est aussi très importante.

Le monde de la cuisine est extrêmement machiste! Les femmes y sont vues comme moins capables, moins résistantes, moins fortes.Comme ils aiment à le dire la cuisine est une affaire de femmes mais un métier d’homme.

Retrouve t-on beaucoup de femmes/jeunes femmes dans votre métier ?

 

Il y a encore pas si longtemps que cela , la cuisine était la solution de formation « garage » quand on ne savait pas où se ranger! Un métier pas valorisé et pas forcément valorisant. Mais, les mentalités sont entrain d’évoluer. La médiatisation de notre métier donne une autre image plus positive qui fait envie à la jeune génération. Il y a de plus en plus de femmes et je reçois beaucoup de messages de jeunes femmes qui s’intéressent  aussi  bien  au métier qu’à la formation.

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

 

Les difficultés sont d’abord d’ordre physique. La cuisine demande de l’endurance, rester debout et concentrée durant de longues heures dans la chaleur des fourneaux ce n’est pas facile et les accidents de travail sont notre lot quotidien : coupures, brûlures, douleurs lombaires, varices, thrombose,les horaires de travail et les heures supplémentaires pas payées.

Ensuite, nous avons les difficultés financières. Les réalités de l’entrepreneuriat, la passion c’est bien mais en vivre c’est autre chose! Le combat est quotidien, trouver l’équilibre entre les assiettes fabuleuses que l’on veut servir et le coût des matières premières, les charges , les impôts, les taxes : un vrai métier d’équilibriste. On peut vite basculer dans le labeur et l’amertume.

Ce que j’aime c’est la passion qu’on y met ! Ducasse a dit « Îl n’y a pas de petite ou grande gastronomie mais des gens qui se lèvent et font leur métier avec passion »

Crédits photo: Philippe Loret, Matthieu studio Wane

La Rédaction

redaction@afrocadre.com

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