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« Je devais choisir entre études de psychologie et ma famille. » Nathalie

Choisir une voix qui n'est pastoujours celle que vos parents souhaitent , c'est ce qu'à fait Nathalie Tchouandong en devenant psychologue

Pouvez vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour. Je suis Nathalie Tchouandong, psychologue du travail, psychologue clinicienne et psychothérapeute (psychopraticienne). Je vis et travaille en Allemagne, dans une petite ville touristique au bord du Rhin (Oberwesel). Je suis épouse et mère de 2 enfants.

Comment la nouvelle a t-elle été accueillie dans votre famille ?

Je suis arrivée en Allemagne avec l’intention de faire des études de médecine. Toutefois au fil des conversations avec ceux qui voulaient en savoir plus sur mes projets, je me suis rendue compte que je ne savais pas quelle branche de la médecine je voulais concrètement faire. Ce qui me passionnait c’était le contact humain, prendre le temps pour autrui… soigner les maux qu’on ne voit pas.

Un jour, une amie du groupe de jeunes de mon église qui est assistante sociale m’a dit : « Je vais faire un peu de conseil d’orientation. Tu ne veux pas être médecin. Tu veux être psychologue et probablement aussi psychothérapeute ». Et c’était le déclic ! Elle venait de mettre des mots sur ma vocation.

Comment la nouvelle a t-elle été accueillie dans votre famille ?

(Rires). Pas bien du tout. A l’époque j’étais relativement jeune, seule dans un pays étranger, loin de toute famille. Quand j’ai annoncé que je ne ferai plus médecine mais psychologie personne n’a rien compris. Quand dans mon désir d’expliquer mes motivations j’ai précisé qu’une amie de mon église m’avait orienté, pratiquement tous ont conclu à un détournement par une secte.

Personne ne comprenait comment je pouvais « gâcher » un Baccalauréat Série C en étudiant « philosophie » ! J’avais beau expliquer que la psychologie est différente de la philo, rien n’y faisait. A un moment un choix m’a été imposé : Des études de psychologie OU le soutien de ma famille… J’ai choisi de suivre ce que je considérais déjà à cette époque comme mon appel.

Qu’aimez vous dans cette discipline ?

Tellement de choses ! Pour faire simple le psychologue est un professionnel du comportement et des relations humaines. Ca implique comprendre pourquoi qui réagit comment dans quelle situation, voire même anticiper ces réactions et interactions.

Comprendre au-delà des mots pour apporter une réponse adéquate au véritable besoin qu’il est souvent difficile d’exprimer : c’est probablement ce que j’affectionne le plus dans mon métier.

Quelles difficultés avez vous rencontré durant la réalisation de votre formation? Et durant l’exercice de votre fonction ?

La plus grande difficulté dans le métier de psychologue est selon moi le travail sur soi. Avant d’être un professionnel, le psychologue est un être humain, fait de pensées, d’émotions, de sentiments, d’habitudes et d’expériences multiples. Etre au service de l’autre signifie se connaître suffisamment bien pour faire taire ses besoins personnels, et permettre à son client ou patient d’exprimer les siens. C’est un travail quotidien qui ne veut souffrir d’aucunes circonstances.

Aller voir un psychologue, ne fait pas partie des mœurs de la culture africaine ! Pourquoi d’après vous ? Est ce une bonne chose ? 

(Rires !) Vous pensez ? Je pense qu’aller voir un psychologue fait partie de la culture Humaine. Tous les Hommes (avec grand H) de tous les temps, ont toujours cherché de l’aide auprès de ceux qu’on appelle affectueusement dans certaines cultures des « Conseillers, Sages ou Anciens ».

Ceux-ci étaient avisés, comprenaient ce que les gens disaient et ce qu’ils ne disaient pas. Ils arrivaient à résoudre les problèmes en répondant aux besoins souvent inconscients. Ils étaient des spécialistes du comportement et des interactions humaines, et ils se formaient au pied des aînés, comme les “soignants” d’antan.

Aujourd’hui certaines choses ont changées… Les médecins apprennent à soigner dans des universités, tandis que les psychologues y apprennent à conseiller.  Cependant la fonction et le service dans la société restent les mêmes.


Toutefois la culture africaine a bien une particularité : On ne se confie pas à un étranger. Le linge sale (les soucis) se lave en famille ou dans les cercles d’amitié restreints. Effectivement on ne pense pas spontanément au psychologue en cas de soucis. Et comme toute attitude, elle a ses avantages et ses inconvénients.

Quels genres de patients suivez vous le plus souvent ?

Déjà je voudrais préciser que je ne vois pas que des patients! Pour mon propre épanouissement, j’ai choisi de ne pas me confiner à une seule activité, ce qui peut très vite devenir monotone et ennuyeux. Je propose donc une large gamme de services sur le thème “Santé et Qualité de Vie” pour entreprises et particuliers. J’ai de ce fait  beaucoup de clients, bien portant et qui ne souffrent d’aucun trouble psychologique.

Bon nombre de clients sont en quête de réponses à des questions plus ou moins existentielles ou font face à des challenges personnels importants et je leur offre un conseil et un accompagnement psychologique.

Certains clients sont soucieux de leur santé et en quête d’une meilleure qualité de vie.  Souvent à cause d’un évènement qui leur a fait réalisé la précarité de notre vie, ils aspirent à une certaine zénitude. Grâce à des ateliers de formation je leur apprends de façon concrète et éprouvée comment mieux gérer leur stress, développer leur résilience ou éviter un burnout.

D’autres clients sont des entreprises en quête d’une (nouvelle) politique de santé et qualité de vie au travail (SQVT). Comme j’aime à le dire: “Healthy People, Healthy Business”. Dans ce cadre, je développe une politique individuelle de SQVT qui tient compte de toutes les spécificités de l’entreprise et je l’implémente tout en formant les différents acteurs de la santé au travail de cette entreprise à la pérennisation de cette politique

  • Enfin en tant que psychopraticienne j’ai des patients qui présentent divers troubles psychologiques : Burnout, troubles affectifs, troubles anxieux, troubles liés à des facteurs de stress etc. Grâce à la psychothérapie je les aide à trouver l’origine de leur mal et à recouvrer leur santé.

Avez vous une anecdote à partager avec nous ?

Sûrement. Mon premier emploi en tant que psychologue était dans une prison psychiatrique. Je travaillais dans le département des «Drug related crimes» (crimes commis dans le cadre d’une addiction). Nous proposions une thérapie de l’addiction et une réinsertion sociale.

Alors que je revenais de vacances, l’un de mes patients (chef de gang et trafiquant de drogue) me dit: «Mme Tchouandong pendant votre absence je me suis rendu compte que vous faites du bien à mon âme. Dommage que je ne sois plus dealer. Je vous aurais engagé juste pour moi… Comme le mafieux Tony dans la série télé «les Soprano», j’aurai eu MA psy.

Je suppose que c’était un compliment 🙂

La Rédaction

redaction@afrocadre.com

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